Le mois de septembre 2026 a été marqué par un changement de cap monétaire majeur : après plusieurs mois d’attentisme, la Banque centrale européenne (BCE) et la Réserve fédérale américaine (Fed) ont toutes deux relevé leurs taux directeurs de 25 points de base. Pour la Fed, il s’agit de la première hausse depuis 2023.
L’inflation repart, les banques centrales réagissent
En zone euro, l’inflation a atteint 3,8 % en septembre, son plus haut niveau depuis trois ans, contre 3,2 % en août. Cette accélération s’explique principalement par la flambée des prix de l’énergie, en hausse de près de 19 % sur un an.
Face à ces nouvelles pressions inflationnistes, la BCE a décidé, le 10 septembre dernier, de relever son taux de facilité de dépôt à 2,50 %, confirmant sa détermination à ramener durablement l’inflation vers son objectif de 2 %.
De son côté, la Fed a également procédé à un relèvement de 25 points de base, portant ses taux directeurs dans une fourchette de 3,75 % à 4 %.
Le message est clair : les espoirs d’un assouplissement monétaire rapide s’éloignent et les investisseurs doivent désormais composer avec des taux durablement plus élevés.
Les marchés obligataires sous tension
Cette évolution a provoqué une remontée significative des rendements obligataires, particulièrement sensible sur les dettes souveraines.
Aux États-Unis, le rendement des obligations d’État à 10 ans a dépassé 5,2 %, retrouvant des niveaux inédits depuis près de vingt ans. En France, le taux de l’OAT à 10 ans a franchi 4,7 %, se rapprochant progressivement du seuil symbolique des 5 %.
À cette pression mondiale sur les taux s’ajoutent les inquiétudes propres aux finances publiques françaises. Les incertitudes entourant la préparation du budget 2027 ont accentué la défiance des investisseurs, portant l’écart de rendement entre les obligations françaises et allemandes à des niveaux historiquement élevés.
Fait particulièrement révélateur : la France emprunte désormais à des taux supérieurs à ceux de l’Italie et même de la Grèce. Une situation qui illustre la vigilance accrue des marchés à l’égard de la trajectoire budgétaire française.
Le pétrole, nouveau facteur de déstabilisation
Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient ont également marqué le mois de septembre.
Le Brent s’est maintenu à des niveaux particulièrement élevés, au-dessus de 100 dollars le baril pendant une grande partie du mois, alimenté par les perturbations des approvisionnements et les tensions dans le détroit d’Ormuz.
Cette flambée énergétique constitue un double risque : elle nourrit l’inflation tout en pesant sur les coûts de production des entreprises et sur le pouvoir d’achat des ménages.
Des marchés actions contrastés, mais toujours portés par la technologie
Au 30 septembre 2026, les grands marchés actions affichaient des performances globalement positives depuis le début de l’année, malgré des disparités géographiques marquées. Les marchés américains conservaient une avance significative sur les places européennes, tandis que le CAC 40 évoluait en territoire négatif.
CAC 40 = – 2,30 %*
STOXX Europe 600 = + 7.40 %*
S&P 500 = + 12.00 %*
MWCI World = + 10.66 %*
La révolution de l’intelligence artificielle demeure l’un des principaux moteurs structurels des marchés, avec des investissements considérables dans les infrastructures numériques, les centres de données et les capacités énergétiques nécessaires à son développement.
Pour autant, les valorisations parfois exigeantes de certaines entreprises appellent à une sélectivité accrue.
Quelles perspectives pour les prochaines semaines ?
Le mois de septembre nous rappelle que les marchés évoluent désormais dans un environnement où l’inflation, les taux d’intérêt et les risques géopolitiques restent étroitement liés.
Trois facteurs seront particulièrement déterminants dans les prochaines semaines : l’évolution des prix de l’énergie, la trajectoire des taux longs et les prochaines décisions des banques centrales.
En France, l’examen du budget 2027 constituera également un rendez-vous majeur, tant pour la confiance des investisseurs que pour l’évolution des conditions de financement de notre dette souveraine.
Dans ce contexte, l’attention du marché se tourne logiquement vers la capacité des entreprises à supporter ce renchérissement du coût de financement. Historiquement, les périodes de resserrement monétaire peuvent générer une volatilité accrue sur le segment des petites et moyennes capitalisations, certains investisseurs redoutant mécaniquement une pression sur les bilans des entreprises de taille intermédiaire (ETI).
Nous analyserons donc ce mois-ci l’EURO STOXX SMALL d’un point de vue chartiste.
Qu’est-ce que l’EURO STOXX SMALL ?
C’est un indice boursier européen qui mesure la performance des entreprises de petite capitalisation boursière au sein de la zone euro. Il appartient à la famille des indices EURO STOXX et permet de suivre l’évolution des petites sociétés cotées, par opposition aux grandes entreprises représentées notamment dans l’EURO STOXX 50. Il comprend environ 100 entreprises dont AIR France, SCOR, SOITEC, LAGARDERE, CASINO, etc.
Code Reuters : SCXE (indice compter en euros, hors dividendes réinvestis).
Il progresse de 5.20 %* depuis le début de l’année.
Graphiquement, l’indice EUROSTOXX SMALL reste indécis sous la résistance forte vers 398.60 points. Le Franchissement de ce seuil permettrait de renouer avec des perspectives favorables. Sous ce seuil, la pression vendeuse pourrait perdurer. Et en cas de cassure du support à 384 points, le gap à 355 points, laissé derrière nous le 31 mars dernier, pourrait constituer un objectif à court terme. A suivre…
Graphique et données arrêtés au 08.10.26
» À 4,92 %, l’OAT à 10 ans est revenu à un sommet de 2002 – à l’époque où l’euro sonnant et trébuchant entrait en circulation. À 119 % du PIB, la dette publique française a atteint, fin juin, son plus haut niveau depuis 1946 année de naissance de la IVème République ! Un vrai retour en arrière. «
Extrait de l’humeur des Marchés de FIDELITY, rédigé le 05.10.26
Nous vous proposons ce mois-ci un extrait de la lettre trimestrielle de Monsieur Edouard CARMIGNAC, fondateur de la société de gestion CARMIGNAC, partenaire historique de notre Family Office.
« La gratuité a un défaut : on finit toujours par s’y habituer.
Pendant près de quinze ans, États, entreprises et investisseurs ont vécu dans un monde où l’argent semblait disponible presque sans limite. Les gouvernements ont dépensé, les entreprises investi, les marchés valorisé. Pourquoi choisir lorsque l’on peut presque tout financer ?
Cette époque touche à sa fin. L’argent a de nouveau un prix et, avec lui, revient une discipline que nous avions peut-être un peu vite oubliée : celle du choix.
Ce changement intervient alors même que les besoins de capitaux n’ont jamais été aussi considérables. Les États-Unis doivent simultanément financer une dette publique vertigineuse et une révolution technologique extraordinairement gourmande en investissements. Centres de données, semi-conducteurs, mémoire digitale, production électrique : l’Intelligence Augmentée réclame des infrastructures gigantesques. J’évoquais dans ma dernière lettre les bouleversements qu’elle allait provoquer. Une question devient maintenant plus pressante : qui va payer ?
Nous tous, évidemment. Épargnants, investisseurs et contribuables sommes les pourvoyeurs ultimes de ce capital. États et entreprises se retrouvent ainsi en concurrence pour attirer une épargne qui n’est pas infinie. Rien de très nouveau en économie, sinon que quinze années d’argent facile nous l’avaient presque fait oublier. »
Un grand merci à toutes celles et ceux qui nous ont rejoints le 23 septembre dernier, au Palais Consulaire de Toulouse, pour un moment particulièrement important dans le développement de notre Family Office : le lancement officiel de notre premier fonds dédié.
Après plus de 20 ans à sélectionner des gérants, construire des allocations d’actifs et accompagner nos clients au fil des cycles de marché, nous avons souhaité franchir une nouvelle étape.
Nous disposons désormais d’un outil d’investissement qui traduit directement notre vision patrimoniale et nos convictions de marché, tout en nous offrant la réactivité nécessaire pour adapter les stratégies aux évolutions de l’environnement économique et financier.
C’est ainsi qu’est né OBJECTIF PATRIMOINE PRIVÉ, fruit de notre collaboration avec AURIS GESTION, société de gestion chargée de mettre en œuvre cette stratégie au sein du fonds.
Ce lancement marque une nouvelle étape dans le développement de notre Family Office, et notre philosophie demeure inchangée : accompagner nos clients dans la durée, avec indépendance, exigence et une attention constante portée à l’équilibre entre rendement et risque.
Merci à nos clients, partenaires et gérants pour leur présence, leur confiance et la richesse de nos échanges.
Cette remontée des taux ne doit pas être analysée uniquement comme une menace. Elle redonne également de l’attrait aux placements obligataires et crée de nouvelles opportunités d’investissement.
Si les tensions actuelles sur les marchés obligataires peuvent rappeler celles de 2011, lorsque la défiance s’était installée à l’égard des dettes souveraines européennes et de l’avenir même de la monnaie unique, le contexte est aujourd’hui fondamentalement différent.
Plusieurs éléments invitent à relativiser les inquiétudes :
Cette remontée des taux constitue donc une source d’opportunités. Après plusieurs années de rendements historiquement faibles, le compartiment obligataire retrouve progressivement toute sa place dans les allocations patrimoniales.
Nos convictions d’investissement
Dans cet environnement, nous continuons de privilégier une allocation d’actifs active, diversifiée et opportuniste, articulée autour de plusieurs convictions :
Dans un environnement de taux durablement plus élevés, les entreprises les plus endettées deviennent mécaniquement plus vulnérables. À l’inverse, la solidité des bilans, la visibilité des résultats et la capacité à générer des flux de trésorerie réguliers constituent des critères essentiels dans nos décisions d’investissement.
Plus que jamais, nous sommes convaincus que la performance patrimoniale ne repose pas uniquement sur la capacité à identifier les opportunités, mais également sur celle de préserver les équilibres et d’adapter les stratégies aux évolutions des marchés.
C’est précisément le sens de notre accompagnement chez AT GESTION PRIVÉE : faire évoluer vos allocations d’actifs avec discernement, en recherchant en permanence le meilleur équilibre entre rendement potentiel et risque encouru.
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